2 novembre 2017

Que dit la mal a dit ?

Mer, L'Eau, Message Dans Une Bouteille


31 mai 2005

L’opération de Sophie est reportée au 17 juin, l’IRM a amené son lot de surprises ! Les médecins ont découvert que son utérus était cloisonné. D’un simple kyste au départ, nous en arrivons à la conclusion que l’opération allait s’étendre à l’ablation d’une partie des intestins et une partie du vagin...

Nous sommes parties trois jours au Mont-Saint-Michel pour essayer de décompresser un peu, le stress est au maximum. Sophie n’est pas forcément agréable avec ce qui l’attend, elle est extrêmement fatiguée et ne supporte plus la moindre remarque. Nous réagissons de la même façon face aux épreuves, nous avons du mal à les partager et nous préférons les gérer seules dans notre coin. Nous essayons de profiter des bons moments, mais il nous est impossible de laisser entrer nos soucis dans notre couple. Est-ce une bonne chose ? Je ne suis pas sûre, quand on est deux, c’est pour le meilleur et le pour le pire. La vie n’est pas faite que de rose, loin de là ! Les épreuves font partie de la vie, je crois avoir bien assimilé cela. En ce qui me concerne indirectement, les épreuves sont centrées sur la maladie. Elle a emporté le cœur de mon grand-père, les intestins de ma grand-mère, les poumons de ma tante, le cerveau de ma mère, et elle s’attaque à l’intimité de ma compagne... je ne parle pas de mes amis séropositifs où la maladie a carrément emporté l’amour. Que dois-je comprendre à travers mon entourage ? Le MAL A DIT.... Mais QUOI ? Nous sommes dans une époque où la médecine fait de plus en plus de progrès et en même temps, les maladies se développent de plus en plus alors que nous vivons dans des conditions sanitaires exceptionnelles. Quelque chose m’interpelle quand même ! Pourquoi autant de gens malades ? Ma famille n’est pas un cas à part, c’est partout pareil, la multiplication des cancers est incroyable ! Quelque chose dans notre quotidien rend les gens malades.


07 juin 2005

Je suis allée visiter un appartement avec Sophie aujourd’hui alors que nous n’avons pas encore donné le préavis de nos appartements respectifs. Évidemment, cela me donne envie de vivre avec elle, j’en ai marre qu’on soit chacune chez soi. Mais elle se fait opérer le 17 de ce mois, je ne sais pas comment nous pourrions déménager.


25 juin 2005

Je suis à la recherche de la paix intérieure. J’ai découvert Clayderman et je suis en train de lire un livre sur le bouddhisme. J’ai pris du recul par rapport à ma famille qui devient très conflictuelle avec le divorce de mon oncle Patrice. Une partie de la famille garde contact avec ma tante, elle est invitée dans les repas de famille donc forcément, mon oncle ne vit pas bien son divorce. Ce n’est pas évident comme situation, je me mets à sa place, il est nécessaire de laisser le temps au temps avant de repartir sur d’autres bases. Même si la famille voulait garder contact, je n’y vois aucun inconvénient, mais que cela soit plus discret dans l’immédiat. Mon oncle est ce qu’il est, mais je n’ai pas envie d’entrer dans son histoire. Je ne supporte pas de voir souffrir les gens, même si ce sont des personnes qui sont dures avec les autres, je ressens trop la souffrance derrière leur carapace. Ce n’est pas parce que des personnes sont exécrables avec les autres qu’elles ne souffrent pas, bien au contraire, et je suis tellement sensible à la souffrance que je ressentirais celle de mon pire ennemi. Cette sensibilité m’amène toujours à la compassion quoi que ces personnes aient fait. Je préfère rester en dehors de ces histoires familiales, d’ailleurs, j’ai bien assez de soucis pour moi, je n’ai pas envie d’endosser ceux des autres. Je n’ai pas l’énergie pour cela.

Sophie s’est fait opérer, cela fait maintenant neuf jours. L’intervention a duré 7 h 30. Le chirurgien n’a pas pu lui retirer tous les nodules qui envahissaient ses intestins tellement ils étaient nombreux. Son intestin a été raccourci de douze centimètres. Le chirurgien n’a jamais vu un cas aussi sévère, son hospitalisation a été prolongée, car elle doit rester sous surveillance médicale. Sophie a renforcé sa carapace, elle ne montre aucune émotion quant à son état de santé et devient intraitable face aux miennes. Mes émotions la déstabilisent, elle ne supporte pas de me voir mal et devient agressive. Je reste entière, avec mes forces et mes faiblesses, elle voit en moi ce qu’elle refuse chez elle, accepter d’être mal tout simplement. Pour elle, c’est signe de faiblesse. Pour moi, c’est une libération de lâcher la pression. Je ne cache rien quand ma sensibilité est à fleur de peau, je ne peux plus me cacher, ma carapace a pris une sacrée claque, elle s’affine avec le temps, et je ne peux rien y faire. Je ne peux plus faire semblant. Je supporte de moins en moins, le manque de communication, les tabous, les non-dits, les façades, les carapaces, tous ces polluants dans les relations qui détruisent tout.

Dans un rayon de la FNAC, j’ai lu dans un livre sur la maladie d’Alzheimer, que cette maladie serait en fait, pour les chercheurs, une sorte de suicide. Les gens quitteraient la réalité de la vie qui leur semblerait trop dure à vivre. J’ai toujours été convaincue que la maladie de ma mère n’était pas un hasard, d’ailleurs aucune maladie n’est due au hasard. LE MAL A DIT QUOI ? Un message que chacun devrait entendre pour sa guérison, si la guérison est souhaitée, ce qui n’est pas toujours le cas... la maladie a parfois son confort inconscient. Elle maintient dans un état de victime, c’est plus facile que de prendre ses propres responsabilités pour assumer ses choix de vie. Je dis bien que ce processus est totalement inconscient, personne n’y échappe d’une façon ou d’une autre. En ce qui concerne ma mère, cette lecture furtive entre les rayons du magasin a totalement résonné en moi. Cette explication était d’une logique imparable.
Maryline 
 
 

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